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COURS ACP-UE sur la gestion des pêches et de la biodiversité,
Dakar, Sénégal, du 12 au 23 avril 1999

RAPPORT NATIONAL SUR LES PECHES EN GUINEE – BISSAU

par
Virginia Pires

 

  1. GENERALITES

Superficie : 36 125 Km2

Population : 1200 000 habitants

Plateau continental : 45 000 Km2

Façade maritime très découpée par des rivières, des fleuves et des petits cours d’eaux.

A l’Ouest se trouve l’Archipel des Bijagos constitué de plus de 80 îles et ilots.

La biomasse estimée dans les eaux maritimes bissau – guinéennes est de 1000 000 ton/an avec une potentialité de capture admissible de 200 000 à 250 000 ton/an.

La Biomasse estimée au niveau de l’embouchure du Rio Geba et Rio Cacheu est estimée à environ 40000 ton/an.

Les ressources exploitées sont des :

    - Pélagiques côtières (Sardinelles, Chinchards, Maquereaux, etc)

    - Pélagiques hauturières (Listao, Patudo, Albacore)

    - Démersales côtières

    (Crustacées – P. notialis, Crabes)

    (Céphalopodes – poulpe, seiche, calmar)

    (Poissons – Scianidés :Pseudolithus spp. ; Polynémidés : Galeoidés spp. ; Carangidés : Scyris spp . ; Cynoglossidés : Cynoglossus spp.)Vivent sur les sédiments meubles dans les zones d’estuaires.

    (Sparidés : Dentex spp. ; Serranidés : Epinephelus spp. ). Vivent sur les fonds durs

(Sparidés : Pagellus spp. , Sparus spp. ; Mullidés : Pseudopeneus spp.) . Vivent sur des fonds meubles.

    - Démersales profondes

    (Crustacés – Parapenaeus longirostris (gambas) ;

    Aristeus varidens (alistado) ; Geyron spp. (crabes) .

    (Poissons – Merlucius spp. ; Dentex macrophthalmus).

La zone maritime est divisée en deux parties à savoir : la zone à l’intérieur des douze milles nautiques, destinée uniquement à la pêche artisanale et, la zone au delà des douze mille et qui recouvre toute la ZEE, destinée à la pêche industrielle. La ligne de base est placée juste à l’extérieur de l’Archipel des Bijagos.

     

  1. LA SITUATION DES PECHES EN GUINEE – BISSAU

L’exploitation des ressources marines en Guinée – Bissau est réalisée par des pêcheries artisanales et industrielles.

La pêche artisanale peut être de subsistance ou commerciale. Les embarcations utilisées peuvent être motorisées ou non et de divers types :

La pêche artisanale de subsistance est très côtière et les principaux engins sont les éperviers, les barrages, les haveneaux, les piéges ou les lignes à main à hameçon. Géographiquement cette pêche couvre l’aire des mangroves, des bancs de sable ou dans les chenaux des petits cours d’eaux, donc en général dans des zones très peu profondes. Le groupe d’espèces qui caractérise le plus les débarquements est constitué par la famille des Tilapias.

La pêche artisanale commerciale couvre toute la zone qui lui est juridiquement réservée, avec environ 450 campements ou ports de pêche. L’embarcation le plus souvent utilisé est du type monoxyle simple ou amélioré, sans exclure les types ghanéens ou sénégalais qui sont aussi en nombre élevé. Compte tenu de la configuration de la côte, des faibles profondeurs, de l’étendu du plateau et de la disponibilité de la ressource au niveau de la zone côtière, on observe une très grande pression au niveau des fleuves et des estuaires pour les espèces sédentaires ou à faible migration.

La présence d’un nombre remarquable de pêcheurs professionnels dotés d’une grande expérience et de moyens de captures performants, venant des pays de la sous région est aussi une des caractéristiques de cette pêcherie.

La pêche artisanale commerciale maritime est peu développée. Elle est pratiquée par un petit nombre d’unités de pêche le plus souvent étrangères. Les embarcations utilisées sont généralement motorisées et capables d’effectuer de grands déplacements en empruntant les voies maritimes du large. Certains, lorsque dotés de moyens effectuent une pêche spécialisée sur les fonds rocheux, ciblant en même temps les espèces nobles de la Communauté des Sparidés (mérous et dorades) et les gros Sélaciens.

Les engins de pêche les plus utilisés sont les filets maillants, les lignes et les palangres. Les filets filtrants de faible maillage sont utilisés dans une pêcherie fluviale portant sur la crevette côtière.

L’Administration des Pêches dans le souci de promouvoir l’exploitation de la zone franchement maritime éloignée de la côte, et d’augmenter les débarquements sans pour autant augmenter l’effort au niveau de la frange côtière, a introduit la pêche artisanale avancée. Les embarcations sont en forme de barque ouverte dotées de moteurs in bord dont la puissance peut atteindre 120 chevaux.

La pêche industrielle nationale est quasi inexistante . Un projet mixte entre la Guinée – Bissau et la Chine a mis en activité des petits navires pour la capture d’espèces démersales destinées à l’approvisionnement en poissons frais des populations. Mais la flotte reste pour l’essentiel étrangère. Les navires de l’UE vont des chalutiers de pêche arrière aux vieux chalutiers pêchant la morue dans l’Atlantique Nord. Quelques pays de l’Est possèdent une flottille de pêche avec une gamme étendue de bateaux allant du chalutier reconverti en crevettier, au chalutier moderne pouvant pêcher et traiter le poisson à bord ou opérer comme bateau mère.

La pêche industrielle pélagique hauturière est le fait de la pêche thonière effectuée par des navires étrangers (canneurs et senneurs) opérant soit dans le cadre des accords de pêche, soit dans le cadre de la coopération bilatérale.

La pêche industrielle pélagique côtière est aussi exclusivement effectuée par des navires étrangers, senneurs ou chalutiers pélagiques de gros tonnage (700 à 2300 TJB). Avec le déclin de l’ex – URSS le nombre d’unités a considérablement baissée (8en 1990, 10 en 1991, 8 en 1992 et 1 en 1993).

III. IMPORTANCE DES PECHES AU NIVEAU DE L’ECONOMIE NATIONALE

Comme source d’entrée immédiate des devises, la pêche contribue à plus de 40% à l’équilibre de la balance commerciale.

Au niveau social elle est génératrice d’emplois :

Nombre de pêcheurs maritimes ………… 8 200 (dont 25% sont étrangers)

Emplois dans le secteur ………………… 32 800

Population active ………………………. 473 000

% emplois (pêche) / pop active ………… 6,9 %

Elle est la principale source de protéines d’origine animale pour la population. Avec une production d’environ 75 500 tonnes, la consommation moyenne est d’environ 20 Kg/an/ha.

IV. CADRE INSTITUTIONNEL DE L’AMENAGEMENT DES PECHES

La législation nationale qui règle l’exploitation des ressources en déterminant les conditions d’accés aux ressources , l’exercice de la pêche et les systémes de suivi contrôle et surveillance.

La gestion est assurée par le Ministère de tutelle en étroite collaboration avec le Ministère de la Défense, le Ministère de l’Economie et des Finances, la Banque Nationale, le Ministère de l’Agriculture et Ressources Naturelles.

Le pays est aussi signataire de plusieurs conventions dans le cadre régional (la CSRP par exemple), et international.

  1. CADRE INSTITUTIONNEL RELATIF A LA PROTECTON DE L’ENVIRONNEMENT

Pour citer des exemples :

Au niveau des fleuves où des études réalisées ont démontré l’évidence de zones de reproduction et/ou de croissance pour certaines espèces importantes, il a été déterminé des périodes d’ouverture et de fermeture de la pêche (reproduction des barracudas en saison des pluies).

L’archipel des Bijagos considéré patrimoine mondial, la pêche des organismes aquatiques protégés par la Convention de Washington est interdite. La pêche à la proximité des îles où s’effectue la ponte des tortues marines est interdite. L’exploitation des stocks de sélaciens de l’archipel est sous contrôle strict, le rejet des individus capturés est également interdit.

Ces actions ont été possibles grâce à la participation non seulement des structures gouvernementales, mais des organismes internationaux (UICN), des ONG’s, les populations locales.

VI. EVALUATION DES APPROCHES DE L’AMENAGEMENT DES PECHES

Jusqu’à une période récente on peut considérer que l’administration a eu une vision purement économique des pêches, c.a.d. qu’elles représentaient une source d’entrée immédiate de devises.

Le retour dans le secteur d’une partie des recettes octroyées au pays étaient pratiquement nul, bien que cela soit reglementè par la loi.

La recherche comme outil essentiel pour un aménagement soutenable était confinée au deuxième plan .

Compte tenu des constats sur la situation de l’exploitation et le besoin de concilier l’activité de la pêche avec la soutenabilité de la ressource, le choix d’une approche de gestion pluridisciplinaire s’est imposée, avec la participation de tous les groupes impliqués directe ou indirectement dans l’aménagement des pêches.

Elaboration du plan directeur des pêches.

Plan annuel de gestion du moins pour les prises de la pêche industrielle, établissant des quotas pour les différents groupes d’espèces.

La recherche sur les pêches acquiert une place important dans la prise des décisions à tel point qu’il lui est conférée une autonomie administrative et financière.

 

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